J’ai repris le trail il y a environ deux ans, après presque quinze ans sans courir. À ce moment-là, je n’étais clairement pas un athlète en devenir : proche des 100 kg, plus attiré par une bière que par une séance d’entraînement, et assez loin de l’idée que je pourrais un jour m’aligner sur des courses longues en montagne.
La reprise ne s’est pas faite dans les règles de l’art. Pas de plan parfait, pas de progressivité académique, pas de cadre rassurant. J’ai couru parce que j’en avais envie, parce que j’aimais être dehors, et parce que l’effort me faisait du bien, même quand il était mal dosé.
Je n’ai jamais vraiment aimé rentrer dans les cases, et le monde de l’entraînement n'a pas vraiment fait exception. Beaucoup de discours m’ont laissé sceptique, et la plupart des méthodes toutes faites ne me parlaient pas. J’ai appris en faisant, parfois en me trompant, souvent en allant trop loin, mais toujours en restant à l’écoute de ce que je ressentais.
Assez vite, la montagne et les formats longs se sont imposés naturellement. Pas par stratégie, mais par amour de la montagne. Les heures dehors, la fatigue qui s’installe, la nécessité de gérer le mental, l’alimentation, le matériel, et de continuer à avancer quand tout devient plus flou : c’est là que j’ai trouvé quelque chose qui me correspondait vraiment.
Aujourd’hui encore, mon parcours reste imparfait, parfois chaotique, souvent instinctif. Je cherche à progresser, à performer, mais sans renier ce qui m’a fait revenir au trail : la liberté, le plaisir, et une certaine idée de l’effort sans filtre. Ce chemin n’est peut-être pas exemplaire, mais il est sincère — et c’est celui que je continue de suivre.
